Le V8 revient, la FIA pose ses pions
2009. C’est la dernière année où une Formule 1 a fait le plein en course, et la dernière où un V8 a rugi sans hybride. Dix-sept ans plus tard, la FIA veut refermer la parenthèse turbo-hybride. Le président Mohammed Ben Sulayem l’a confirmé ce week-end à Silverstone : le V8 arrivera en 2031, et il ne viendra pas seul.
Ben Sulayem a réuni quelques médias, dont The Race, en marge du Grand Prix de Grande-Bretagne. Il en est ressorti deux idées fortes. La première touche au rôle des constructeurs. La seconde ramène un vieux serpent de mer : le ravitaillement.
Un moteur indépendant pour libérer les petits
L’idée est nouvelle et elle dit beaucoup. La FIA envisage de désigner un motoriste indépendant, un Cosworth par exemple, chargé de fournir un V8 clé en main à prix cassé pour toute équipe qui le souhaite. Le but : couper le cordon entre les écuries clientes et les grands constructeurs.
« Il n’y aura plus de contrôle d’une équipe A sur une équipe B via le moteur », a expliqué Ben Sulayem. En clair, plus personne ne pourra dire à un client comment voter en échange d’un bon bloc. La neutralité, la puissance et l’argent, résume-t-il, resteront entre les mains de la fédération.
Le patron de la FIA voit plus loin. Si le coût d’un moteur baisse assez, des écuries comme McLaren ou Alpine pourraient se lancer dans leur propre unité. McLaren a déjà fait savoir qu’elle y réfléchissait. Renault, propriétaire d’Alpine, botte en touche : son projet moteur a fermé fin 2025, et le sujet n’est plus d’actualité côté français.
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Plus léger, moins cher, et peut-être un ravitaillement
Le raisonnement technique tient en quelques chiffres. Ben Sulayem juge le V6 turbo actuel trop complexe et trop coûteux, et il vise 100 kg de moins sur la voiture. La part électrique, aujourd’hui proche de 46%, tomberait à 10 ou 15%. De quoi éviter ces pilotes qui lèvent le pied en pleine ligne droite, un symptôme que la F1 assume mal.
Reste le carburant. Un V8 atmosphérique consomme davantage qu’un V6 turbo. À l’époque des ravitaillements, le réservoir tournait autour de 90 à 100 litres. Depuis 2010, il a fallu passer à 200. Alléger la voiture pour la relester en essence n’aurait aucun sens, et la FIA a lancé une étude sur le retour du ravitaillement.
Le timing n’est pas anodin
La F1 cherche un modèle plus soutenable, et elle le fait pendant que ses moteurs actuels font débat. Ben Sulayem le dit sans détour : « C’est la bonne chose à faire. » Il chiffre même l’économie de R&D à près de 50%. Le pari est lancé, il faudra voir qui suit.
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