Une soirée à deux visages pour les Français
Montréal a offert une soirée cruelle et prometteuse à la fois pour le tennis français. D’un côté, Arthur Rinderknech a quitté le Masters 1000 canadien au bout d’un combat étouffant face à Brandon Nakashima. De l’autre, Arthur Fils a confirmé son retour en forme en dominant Cameron Norrie pour filer en quarts de finale.
Deux histoires très différentes. Rinderknech a eu sa chance, même deux balles de set dans la manche décisive, avant de craquer sur le fil. Fils, lui, a tenu bon dans un tie-break irrespirable et continue d’empiler les signes positifs dans un tournoi qui ressemble de plus en plus à une vraie relance.
Au prochain tour, le Français retrouvera Rafael Jodar, le phénomène espagnol de 19 ans, tombeur de Jiri Lehecka. Une affiche nouvelle génération qui sent déjà très bon.
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Rinderknech peut avoir des regrets
Arthur Rinderknech n’est pas passé loin. Opposé à Brandon Nakashima, 31e mondial, le Français a livré près de trois heures de bataille. Après avoir perdu le premier set au tie-break, il a trouvé les ressources pour revenir dans le match et arracher la deuxième manche 7-5.
Tout semblait alors possible. Dans le dernier set, Rinderknech s’est même procuré deux balles de set. Deux occasions de mettre l’Américain dos au mur, deux ouvertures qui auraient pu transformer sa soirée. Mais Nakashima a résisté, s’est accroché, puis a fini par faire basculer le match.
Score final : 7-6, 5-7, 7-5.
C’est le genre de défaite qui reste dans la tête. Pas parce que Rinderknech a raté son match, au contraire. Mais parce qu’il a eu les clés, ou au moins l’impression de les toucher, avant de les voir tomber de l’autre côté.
Fils démarre en patron
Arthur Fils, lui, a connu une soirée plus heureuse. Face à Cameron Norrie, le Français a commencé très fort. Premier set maîtrisé, jeu clair, intentions nettes, domination presque totale. En bouclant la première manche 6-2, il a donné l’impression de jouer avec une confiance enfin revenue.
Ce n’était pas seulement une question de score. Fils frappait bien, bougeait mieux, imposait son poids de balle et jouait sans cette gêne physique qui avait parfois cassé sa progression ces derniers mois. Le Français semblait libéré, plus stable, plus sûr de ses choix.
Mais Norrie n’est pas un joueur qui disparaît aussi facilement.
Un tie-break pour tester les nerfs
Dans le deuxième set, le Britannique a changé de rythme. Plus accrocheur, plus juste, plus difficile à lire, il a obligé Fils à jouer un autre match. Le Français a eu des occasions, ne les a pas toujours saisies, et s’est retrouvé embarqué dans une fin de set tendue.
Le tie-break a été le vrai moment de vérité.
Fils l’a reconnu ensuite : les trente dernières minutes avaient quelque chose de fou, presque dignes d’un samedi soir taillé pour les grands scénarios. À 10-8, il a fini par conclure. Pas dans la facilité, mais dans le contrôle émotionnel. Et c’est peut-être ça, le détail le plus intéressant de sa victoire.
Gagner 6-2, 7-6 contre Norrie, en évitant une troisième manche, compte énormément. Physiquement, mentalement, et dans la dynamique du tournoi.
“Je progresse chaque jour”
Après la rencontre, Fils a surtout insisté sur une sensation simple : il retrouve de la continuité. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas enchaîné plusieurs matchs à son meilleur niveau, sans gêne, sans frein, sans impression de devoir constamment composer avec son corps.
Cette confiance se voit dans son jeu. Et lui-même l’a souligné : son revers redevient performant. Un détail technique, peut-être. Mais pour un joueur comme Fils, capable de faire mal en coup droit et de prendre le jeu à son compte, retrouver un revers solide change tout. Cela lui permet de tenir l’échange, de ne pas subir dans la diagonale, et de choisir ses moments pour accélérer.
À Montréal, il ne gagne pas seulement des matchs. Il reconstruit des certitudes.
Jodar, le choc qui excite déjà
Le quart de finale contre Rafael Jodar aura tout d’un rendez-vous à ne pas manquer. L’Espagnol de 19 ans continue d’impressionner pour sa première vraie saison sur le circuit. Vainqueur 6-3, 6-3 de Jiri Lehecka, il vient d’enchaîner un quatrième quart de finale consécutif en Masters 1000, rejoignant Rafael Nadal et Carlos Alcaraz dans une statistique réservée aux adolescents hors normes.
Face à Fils, ce sera un duel entre deux joueurs qui incarnent chacun une partie du futur du circuit. D’un côté, le Français, plus installé, qui cherche à retrouver durablement sa place parmi les meilleurs jeunes du monde. De l’autre, Jodar, en pleine explosion, déjà porté par une dynamique presque insolente.
Fils a une vraie carte à jouer
Ce quart ne sera pas simple. Jodar arrive lancé, confiant, sans complexe. Mais Fils aussi semble retrouver quelque chose de précieux : l’énergie du joueur qui croit à nouveau en son tennis.
À Montréal, il a gagné trois matchs, retrouvé son revers, géré un tie-break sous pression et évité de s’éparpiller quand Norrie a haussé le ton. Ce sont des signes. Pas encore une garantie, mais des signes forts.
Rinderknech quitte le tournoi avec des regrets.
Fils, lui, continue d’avancer avec ambition.
Et contre Jodar, il aura l’occasion de transformer une belle semaine en vrai message envoyé au circuit.
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