Le livre qui ravive 2014
Dix-neuf ans de collaboration, huit titres pilotes partagés entre Sebastian Vettel et Max Verstappen, et pourtant une blessure jamais vraiment refermée. Dans Drive, son autobiographie qui vient de paraître, Christian Horner revient sur l’été 2014, quand Adrian Newey avait reçu une offre de Ferrari et hésitait à partir.
L’ancien patron de Red Bull ne mâche pas ses mots. Il écrit qu’il soutenait son directeur technique sans réserve et pensait que c’était réciproque, mais qu’au premier coup dur, Newey a voulu quitter le navire. Il dit en avoir été attristé et avoir eu, dès lors, le sentiment de ne plus pouvoir compter pleinement sur lui.
Le contexte compte. En 2014, l’arrivée des moteurs hybrides fait basculer la F1 dans l’ère Mercedes. Renault, motoriste de Red Bull pendant les quatre sacres de Vettel, ne parvient pas à suivre, et le châssis signé Newey se retrouve bridé.
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« Je ne pense pas que Christian ait tout compris »
Interrogé vendredi lors de la conférence de presse des patrons d’écurie au Grand Prix des États-Unis, Newey a d’abord précisé qu’il n’avait pas lu le livre. Puis il a posé sa nuance. Pour un concepteur de châssis, une mauvaise saison du motoriste fait partie du métier. Ce qui change tout, selon lui, c’est un motoriste qui ne semble avoir aucune intention de corriger le problème. Et c’était, d’après lui, la situation de 2014, qui n’a vraiment évolué qu’avec le passage chez Honda en 2019.
« Vous pouvez imaginer ma douleur et ma frustration. Je ne pense pas que Christian l’ait pleinement compris », a-t-il glissé. Newey avait finalement refusé Ferrari, prolongé son contrat et partagé son temps avec d’autres projets du groupe Red Bull.
Toujours amis, et un parallèle avec Aston Martin
Le Britannique n’a pas voulu commenter le reste de l’ouvrage. Il a rappelé que les deux hommes restent amis et qu’il est le parrain d’Olivia, la fille de Horner.
Parti de Red Bull en 2024, Newey dirige aujourd’hui Aston Martin, où il occupe les fonctions de directeur d’équipe et d’associé technique. Il a reconnu de nombreux points communs avec ses débuts à Milton Keynes en 2005 : deux équipes marquées par les changements de propriétaires et de dirigeants, et un même chantier pour casser les cloisonnements internes. Horner, de son côté, le qualifie toujours de meilleur concepteur de l’histoire de la F1.
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