Près de 4 millions de dollars en jeu
Quatre millions de dollars. C’est la somme que la FIFA aurait prise à sa charge pour couvrir les impôts dus par Gianni Infantino aux États-Unis, d’après des révélations conjointes du New York Times et du Monde, relayées ce lundi par L’Équipe. Soit environ 3,6 millions d’euros, étalés sur 2024, 2025 et 2026, les années où le président de l’instance s’est installé à Miami pour piloter l’organisation de la Coupe du monde.
Le mécanisme invoqué porte un nom technique : l’égalisation fiscale. Il visait à éviter que les salariés de la FIFA expatriés aux États-Unis pour préparer le Mondial ne soient avantagés ou pénalisés par le système fiscal américain. Sauf qu’il devait concerner les employés, pas les élus. Et Infantino est un élu.
Selon les deux journaux, la faveur lui aurait été accordée en 2024 par un comité très restreint chargé de fixer la rémunération des dirigeants, sans jamais apparaître dans un document officiel validé.
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Un proche de vingt ans au cœur du dossier
Le nom qui revient est celui de Bruno Chiomento. Cet avocat suisse préside la commission indépendante de gouvernance, d’audit et de conformité de la FIFA, celle qui est censée contrôler ce type de décision. C’est lui qui aurait mis le sujet sur la table. Il connaît Infantino depuis deux décennies.
Les mêmes sources décrivent d’autres avantages dont il aurait bénéficié. Il aurait été le seul président de commission doté d’un accès « VVIP » à tous les matches du Mondial. Il serait aussi le seul payé en francs suisses, 250 000 par an, quand ses homologues touchent la même somme en dollars. Avec le taux de change, la différence approche les 50 000 euros annuels.
Un timing délicat avant l’élection
Le calendrier n’arrange pas le patron du football mondial. Infantino vise un quatrième mandat le 18 mars prochain, à Vancouver. Il reste pour l’instant le seul candidat déclaré, mais l’Europe et une partie de l’opposition cherchent une alternative depuis plusieurs semaines.
L’été avait déjà laissé des traces, avec l’abandon en juillet de son projet d’ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés. Ces nouvelles révélations, si elles se confirment, offrent un argument de plus à ceux qui réclament davantage de transparence à Zurich. Aucune réaction officielle de la FIFA n’était mentionnée à ce stade.
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