Il n’a pas regardé un seul match en direct
Il connaissait les scores. Il a juste refusé de les vivre.
Maro Itoje a passé l’été loin du XV de la Rose. Le capitaine anglais a manqué le Nations Championship et les trois tests contre l’Afrique du Sud, les Fidji et l’Argentine. Pendant que ses coéquipiers jouaient, il regardait les rencontres en différé, en sachant déjà le résultat.
« C’était bizarre, très étrange », a-t-il raconté aux journalistes. « Je n’ai regardé aucun match en direct. Je les ai regardés après coup, pour enlever une partie de l’émotion. »
Le genre de détail qui en dit long sur ce que coûte une saison de rugby international.
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L’idée ne venait pas de lui
Itoje, 31 ans, a dépassé les 30 matchs par saison recommandés par World Rugby. Deux années de suite : 2024/25, puis 2025/26. Saracens en Premiership, l’Angleterre l’été, les Lions certaines années.
Ce sont Steve Borthwick et Phil Morrow, le responsable de la performance du XV de la Rose, qui sont venus le voir avec la proposition.
« J’ai été pris de court, surtout parce que ça ne m’avait jamais traversé l’esprit », reconnaît-il. « Ce n’était pas une option pour moi. J’avais en tête qu’il fallait serrer les dents. »
Il n’a pas dit oui tout de suite. Il y a réfléchi. Puis il a accepté.
C’était la première fois depuis ses débuts internationaux en 2016 qu’il ne passait pas l’été avec l’Angleterre.
Le mental avant le physique
Sur son état de forme, Itoje est direct. Le corps allait bien. C’est la tête qui avait besoin d’air.
« Je dirais que la récupération mentale était bien plus significative que la physique. Physiquement, j’allais bien à la fin de la saison », explique le deuxième ligne de Saracens. « Mentalement, l’année a été lourde et chargée, personnellement et professionnellement. Ça faisait du bien de prendre le temps de souffler. »
Il glisse aussi une remarque sur le calendrier de ses coéquipiers. Cinq à six semaines de coupure selon les clubs, puis trois ou quatre semaines de préparation avant la reprise en Premiership. La marge est mince.
Le rendez-vous, lui, est déjà fixé : la Coupe du monde 2027. « J’espère que cette coupure m’a donné ce qu’il fallait pour revenir meilleur. »
On saura assez vite s’il avait raison.
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