Huit clips avant, huit clips après
Le rugby international a durci ses règles. Un entraîneur qui veut parler à l’arbitre avant un test-match doit le faire en présence de son homologue. Si l’autre refuse, la réunion n’a pas lieu.
L’United Rugby Championship ne suivra pas.
Tappe Henning, responsable des officiels de match du championnat, l’a confirmé avant le coup d’envoi de la saison. Chez lui, un coach peut demander un appel individuel avec l’arbitre. Sans l’accord de l’adversaire. La demande doit arriver sur son bureau le mercredi avant midi, l’échange se tient 48 heures avant le coup d’envoi.
Autre écart, le nombre de séquences vidéo. World Rugby en autorise cinq. L’URC en accorde huit avant le match, et huit de plus après, pour demander des explications sur des décisions. Henning édite lui-même les réponses des arbitres avant transmission.
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L’agacement d’Erasmus a laissé des traces
Le sujet n’est pas sorti de nulle part. Il a occupé toute la série Rugby’s Greatest Rivalry entre l’Afrique du Sud et la Nouvelle-Zélande. Rassie Erasmus et Dave Rennie devaient être présents ensemble à chaque réunion d’arbitrage.
Erasmus n’a pas caché sa frustration. Selon lui, la règle pousse les entraîneurs à exprimer leurs griefs dans les médias plutôt qu’en privé.
Il avait donné un exemple concret. Prévenir un arbitre qu’on prépare un maul au centre du terrain. Ou lui demander de ne pas se placer d’un certain côté sur une sortie de touche, pour qu’il puisse juger une obstruction. Des détails techniques, impossibles à évoquer devant le staff adverse.
118 matchs d’un côté, un seul de l’autre
L’argument de Henning tient à l’écart d’expérience dans son panel d’arbitres. Ben Whitehouse compte 118 matchs d’URC au compteur. Hanru van Rooyen et Clara Munarini en comptent un, la saison dernière.
C’est ce fossé qui justifie le dialogue, selon lui. Le championnat sert de passerelle vers l’EPCR et le niveau international, pour les joueurs comme pour les officiels.
Il a filé la métaphore industrielle. « Nous sommes sur la même chaîne de production, pour livrer un produit sur le terrain. Si on ne se parle pas, qu’est-ce qui en pâtit ? Le produit. » Et d’ajouter qu’aucun constructeur automobile ne laisserait deux postes d’une même chaîne travailler sans communiquer.
« L’arbitre continuera d’arbitrer ce qu’il a devant lui », a-t-il tenu à préciser. Pas question d’influencer une décision avant le coup d’envoi.
World Rugby, de son côté, commence à assouplir l’obligation de présence des deux entraîneurs.
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