Cinquante nuits au lieu de cent soixante-dix
Le chiffre surprend. Avec les Springboks, Jacques Nienaber passait entre 150 et 170 nuits par an loin de son lit. La sélection sud-africaine n’a pas de camp de base fixe, alors elle voyage sans arrêt. Au Leinster, il en compte une cinquantaine.
C’est la première raison qu’il donne pour expliquer son choix. La famille.
Ce n’est pas la seule.
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« Deux ou trois ans d’avance »
Nienaber a quitté le Test rugby en 2023, après deux titres mondiaux consécutifs avec l’Afrique du Sud. Il entame sa quatrième saison comme entraîneur principal du Leinster. Et il assume son verdict : le rugby de club a selon lui « probablement deux ou trois ans d’avance » sur l’international.
L’argument tient dans un rapport de volume. Treize tests par saison internationale. Une trentaine de matchs en club, préparation non comprise. « Si vous voulez concevoir de nouveaux systèmes, de nouveaux plans, vous êtes bien plus testés au niveau club, et les entraîneurs de club sont bien plus audacieux », dit-il au micro du Bank of Ireland Roadshow Series avec Off The Ball.
Il donne deux exemples concrets. Le jeu au pied contesté, avec six à sept mois d’avance côté club. Et les jeux rapides après pénalité, ces quick taps qu’on comptait sur les doigts d’une main lors du dernier Mondial et qui se banalisent aujourd’hui.
Une nuance, tout de même. Il redoutait de perdre en exigence en quittant l’international. Il dit avoir trouvé l’inverse à Dublin : des internationaux qui réclament de la précision et des plans propres, avec une pression sur le staff comparable à celle d’une sélection.
Son pronostic pour l’Irlande
Ses anciens Springboks viennent de renforcer leur statut de favoris pour le Mondial 2027 en bouclant la série contre les All Blacks sur un 3-1. Le consensus place ces deux nations loin devant les autres.
Nienaber tempère. Il rappelle que l’Irlande, troisième au classement mondial malgré les corrections encaissées la saison dernière face à l’Afrique du Sud et à la Nouvelle-Zélande, garde toutes ses chances.
Puis il sort le chiffre qui referme le débat. Quand Rassie Erasmus et lui ont quitté l’Irlande en 2018, l’Afrique du Sud pointait au huitième rang mondial. Un an plus tard, elle était championne du monde.
« Il ne faut pas trop s’arrêter à la place qu’occupent les équipes aujourd’hui. »
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