Trois jours qui font bouger un marché
Entre le 4 et le 6 août, trois running backs ont signé les plus gros contrats de l’histoire du poste en salaire moyen annuel. Jahmyr Gibbs à Detroit pour 22,5 millions de dollars par an, Bijan Robinson à Atlanta pour 22,25 millions, Jonathan Taylor à Indianapolis pour 22 millions.
Remis en perspective, le montant reste modeste. Ces sommes correspondent à ce que touchent le quarterback Malik Willis, le receveur Courtland Sutton ou le tackle Jake Matthews, aucun d’eux ne figurant dans le top 10 de son poste. La différence, c’est que Gibbs, Robinson et Taylor sont tous les trois dans le top 10 de la ligue en ballons touchés, en yards et en touchdowns depuis 2023.
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Un poste historiquement sous-payé, et pour une raison
De 2011 à 2023, le salaire moyen des running backs n’a progressé que de 112,68 %. Dernier de tous les postes, très loin derrière la croissance du salary cap sur la même période (187,33 %). Le contrat d’Adrian Peterson en 2011, 14,2 millions par an, est resté un record pendant sept ans.
Les franchises avaient de bons arguments. DeMarco Murray a dominé la NFL en 2014 en yards, touchdowns au sol et ballons touchés. Il a signé aux Eagles pour 8 millions par an, n’a franchi qu’une seule fois la barre des 1 000 yards ensuite, et a quitté la ligue en 2018. Todd Gurley, Ezekiel Elliott, Le’Veon Bell, Dalvin Cook : tous ont décliné rapidement après leur extension.
Les chiffres collectifs vont dans le même sens. Sur la décennie 2016-2025, les trois franchises qui dépensaient le plus au poste, environ 14,7 millions par an, ont atteint les playoffs dans 43,3 % des cas, sans jamais gagner le Super Bowl. Celles qui dépensaient 4,3 millions en moyenne y sont allées dans 45 % des cas. Sept des treize plus gros contrats signés depuis 2018 ont été suivis d’une saison sans playoffs.
Ce qui a changé
Deux éléments expliquent le revirement des Lions, Falcons et Colts. D’abord, les équipes dotées d’une attaque au sol d’élite se qualifient nettement plus souvent en playoffs. Ensuite, l’explosion du plafond salarial au-delà de 300 millions de dollars change l’arithmétique.
Un contrat à 22 millions par an pèse aujourd’hui entre 7,3 % et 7,5 % de la masse salariale d’une franchise. Celui de Peterson en 2011 en représentait 11,8 % pour les Vikings. Ceux de Christian McCaffrey, Elliott ou Gurley tournaient autour de 8 %.
Le profil des joueurs a aussi évolué. Gibbs et Robinson courent et attrapent, ce qui justifie un investissement que les coureurs purs ne méritaient plus. Reste que l’histoire du poste invite à la prudence. Ces trois franchises parient qu’elles seront les exceptions.
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