Le jeune Français retrouve enfin le goût de la victoire
Il fallait peut-être un tournoi au Mexique, loin de l’agitation de Roland-Garros, pour revoir le vrai Moïse Kouamé. Celui qui avait bluffé tout le monde à Paris avant de disparaître un peu des radars. Cette semaine, à Cancún, le Français est de retour. Et il n’a pas fait les choses à moitié.
Jeudi, Kouamé a frappé un grand coup au Challenger 125 mexicain en dominant nettement Roman Andres Burruchaga, 61e joueur mondial et tête de série numéro 2 du tournoi. Score final : 6-2, 6-2. Une démonstration expédiée en moins d’une heure et demie, avec une impression de maîtrise qui en dit long sur son état de forme.
À seulement 17 ans, le Français s’offre ainsi la deuxième meilleure victoire de sa jeune carrière au classement de son adversaire. Et surtout, il poursuit son chemin vers les sommets avec une confiance qui semblait lui manquer depuis plusieurs semaines.
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Après Roland-Garros, le trou d’air
Quelques semaines plus tôt, Kouamé avait créé la sensation sur la terre battue parisienne. Invité et encore largement méconnu du grand public, le jeune Français avait atteint le troisième tour de Roland-Garros à seulement 17 ans.
Son parcours avait tout d’un scénario improbable. D’abord Marin Cilic, alors 46e mondial, battu au terme d’une prestation pleine d’audace. Puis Daniel Vallejo, 71e, également envoyé au tapis. Deux succès qui constituaient jusque-là les plus belles performances de sa carrière.
Mais après cette parenthèse enchantée, la machine s’était enrayée. Plus aucune victoire sur le circuit. Puis une blessure au coude est venue ralentir encore davantage sa progression.
Le retour à la compétition n’avait donc rien d’évident. Il fallait retrouver le rythme, les sensations et surtout cette capacité à jouer sans retenue qui avait fait merveille à Paris.
À Cancún, les signaux sont enfin au vert.
Une couverture de terrain qui fait la différence
Face à Burruchaga, Kouamé n’a pas simplement gagné. Il a dominé.
Le Français a constamment mis son adversaire sous pression, en s’appuyant notamment sur une couverture de terrain impressionnante. Chaque échange semblait pouvoir basculer de son côté. Il défend, se replace, repart vers l’avant et oblige l’Argentin à frapper une balle supplémentaire. Puis une autre. Jusqu’à la faute.
Burruchaga, pourtant installé dans le top 100, n’a jamais réellement trouvé la solution.
Le premier set a rapidement échappé à l’Argentin. Le second n’a pas davantage offert de suspense. Kouamé a continué d’avancer, sans trembler, jusqu’à conclure sur un 6-2, 6-2 particulièrement autoritaire.
Pour un joueur qui sort tout juste d’une période compliquée, le message est clair : le talent est toujours là.
Le top 200 se rapproche à grands pas
Cette victoire pourrait surtout avoir une conséquence importante au classement. Actuellement 214e mondial, Kouamé a désormais une belle occasion de faire son entrée dans le top 200.
Vendredi, en quarts de finale, le Français retrouvera le Tunisien Moez Echargui, classé 197e mondial. Un adversaire moins bien placé que Burruchaga, mais qui représentera un nouveau test dans ce tournoi où Kouamé semble monter en puissance match après match.
Une victoire lui garantirait mathématiquement une place dans le top 200.
Et ce serait une nouvelle étape symbolique pour celui qui, il y a encore quelques mois, n’était qu’un nom prometteur sur les listes de jeunes joueurs français à suivre.
À Cancún, Moïse Kouamé recommence à écrire son histoire. Cette fois, sans le vacarme de Roland-Garros. Mais avec la même ambition.
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